Hello, moi c’est Steph, et cette configuration est plus fréquente qu’on ne l’imagine : un couple dont l’un est de nationalité française ou européenne, l’autre est mauricien ou résident permanent. Ou deux acheteurs étrangers dont l’un a obtenu sa résidence à l’Île Maurice et l’autre est encore non-résident. Dans ces situations, les règles d’achat ne sont pas les mêmes selon le statut de chacun, et ignorer ces différences peut compliquer ou bloquer une acquisition.
Voici ce qu’il faut savoir avant de vous lancer.
Pourquoi le statut de chaque acheteur compte
À l’Île Maurice, l’accès à la propriété immobilière est encadré différemment selon que vous êtes citoyen mauricien, résident permanent ou étranger non-résident.
Un citoyen mauricien peut acheter librement n’importe quel bien immobilier sur le territoire, sans restriction.
Un résident permanent a des droits élargis par rapport à un non-résident, avec certaines conditions selon le type de permis. Pour mieux comprendre ce que donne le permis de résidence à l’Île Maurice en termes de droits d’acquisition, nous avons un guide dédié sur le sujet.
Un étranger non-résident doit passer par un régime spécifique (PDS, Smart City) ou obtenir une autorisation de l’EDB pour acheter hors régime.
Quand deux personnes achètent ensemble et que leurs statuts sont différents, la question est : quel régime s’applique ? Est-ce que la présence d’un co-acheteur mauricien ou résident ouvre des droits différents pour l’acheteur étranger ?
L’achat avec un co-acheteur mauricien
Si vous achetez avec un citoyen mauricien, la situation dépend du type de bien et de la façon dont l’achat est structuré.
Dans les faits, la loi mauricienne encadre strictement les acquisitions foncières par des étrangers. Le fait d’acheter avec un co-acheteur mauricien ne contourne pas automatiquement les restrictions applicables à l’acheteur non-résident. Certaines structures d’achat peuvent être considérées comme un montage visant à contourner la réglementation.
Le point important : la structure de détention (achat en nom propre, en indivision, via une société) et la nature du bien (régime PDS ou non) déterminent ce qui est légalement possible. Ce n’est pas un sujet à traiter sur la base d’un conseil général : il faut un notaire mauricien qui analyse votre situation spécifique.
Ce qui est certain : si le bien est dans un programme PDS ou Smart City, les deux co-acheteurs peuvent y accéder, qu’ils soient mauriciens ou étrangers. C’est le cadre le plus simple pour un achat en couple mixte. Notre guide sur acheter à l’Île Maurice détaille les régimes accessibles aux étrangers.
L’achat avec un co-acheteur qui a sa résidence à l’Île Maurice

Si votre co-acheteur est un étranger qui a obtenu sa résidence permanente à l’Île Maurice (via un permis de résidence ou un investissement antérieur), la situation est différente.
Le titulaire d’un permis de résidence permanente à l’Île Maurice a des droits d’achat différents de ceux d’un non-résident. Ces droits ont évolué dans la réglementation mauricienne et méritent d’être vérifiés au moment précis de votre projet avec un notaire ou un juriste spécialisé.
Dans la pratique, pour la majorité des couples dans cette configuration, le chemin le plus clair reste l’achat dans un programme PDS ou Smart City, qui est ouvert aux deux acheteurs quel que soit leur statut, et dont le cadre légal est le mieux défini. Si vous souhaitez investir à l’Île Maurice à deux dans cette configuration, c’est généralement par ce canal que les dossiers aboutissent le plus facilement.
Ce que la structure de détention change concrètement
L’achat en indivision à deux, c’est la structure la plus simple. Chacun détient une quote-part du bien (50/50 ou autre répartition). En cas de séparation, de décès, ou de désaccord sur la revente, les règles de l’indivision s’appliquent. C’est le cadre par défaut quand aucune autre structure n’est choisie.
L’achat via une société civile immobilière (SCI) mauricienne est une autre option. Les deux acheteurs sont associés dans la SCI, et la SCI est propriétaire du bien. Cela peut faciliter la transmission, éviter certaines contraintes de l’indivision, et offrir plus de flexibilité en cas d’évolution de la situation des associés. En revanche, créer et gérer une SCI représente un coût et une obligation administrative annuelle.
L’achat via une société mauricienne (GBC ou autre) est parfois envisagé pour des raisons fiscales ou patrimoniales. C’est un sujet qui dépasse le cadre de cet article et qui demande impérativement l’intervention d’un avocat fiscaliste spécialisé.
Les questions pratiques à régler avant de signer
Qui finance quoi ? Si un seul des deux acheteurs emprunte, ou si les apports sont différents, la répartition dans l’acte doit refléter la réalité des contributions. Cela a des implications légales et fiscales.
Comment est organisée la sortie en cas de séparation ou de désaccord ? La vente forcée d’un bien en indivision est une procédure longue et coûteuse. Si vous n’êtes pas mariés ou liés par un PACS reconnu à l’Île Maurice, une convention entre co-acheteurs rédigée par un notaire peut sécuriser les deux parties dès l’achat.
Quel régime matrimonial s’applique ? Si vous êtes mariés, votre régime matrimonial français ou étranger a des conséquences sur la propriété du bien à l’Île Maurice. Un notaire mauricien en lien avec un notaire français peut clarifier ce point.
Envisagez-vous de louer le bien ? Si l’un des objectifs de l’achat est de générer des revenus locatifs, vérifiez en amont que le régime d’achat le permet. Notre guide sur comment mettre son bien en location à l’Île Maurice vous donnera les bases sur ce que les différents régimes autorisent.
La règle d’or pour un achat à deux en configuration mixte
Ne jamais improviser la structure d’achat. Ce n’est pas un sujet que vous réglez en 10 minutes avec votre agent immobilier. C’est un sujet notarial et juridique qui mérite une consultation dédiée, avant même d’avoir identifié le bien.
Les coûts d’une mauvaise structure d’achat sont bien supérieurs au coût d’une consultation préventive. Et à l’Île Maurice, où les règles pour les étrangers sont précises et encadrées, les erreurs de structure peuvent bloquer une vente ou créer des problèmes lors d’une revente future.

Kezia Immobilier accompagne les acheteurs dans ces configurations spécifiques et peut vous orienter vers les notaires et juristes partenaires qui traitent régulièrement ce type de situation à l’Île Maurice. Stéphanie et son équipe connaissent les montages qui fonctionnent et ceux qui posent problème. Pour toute question sur un projet d’achat à deux en configuration mixte, rendez-vous sur kezia.mu.